« Miguel Martinez a regardé une vidéo de décapitation, et il riait »

Jeudi 22 octobre 2020. 29ème audience.

Miguel Martinez est né le 29 janvier 1982. Son avocat est Me Margot Pugliese.

Son casier judiciaire porte trace de vingt condamnations.

Chaque jour les mêmes histoires, la Mini, la Belgique, des armes, des contacts téléphoniques. Jour après jour on ressasse cette histoire d’un nouveau point de vue. Pas de preuve. Que des hypothèses, des coïncidences, des hasards, mais surtout des accusés qui ne lâchent rien. Ils sont onze, onze personnalités différentes, onze résistances au stress différentes et pourtant jamais jusque-là un accusé n’a vacillé, jamais nous n’avons entendu un souffle, un mot hésitant qui nous donnerait l’espoir d’un aveu. Aucun ne dit : « Allez, c’est bon, je vais vous dire la vérité. Oui je savais et untel aussi… » par fatigue. Pas de preuve directe, pas d’aveux, le ministère public semble bien en peine concernant l’accusation.

Aujourd’hui nous passons à Miguel Martinez, le dernier avant Ali Polat qui monopolise tous les débats, le plus attendu, celui qui risque le plus. Miguel Martinez est né en 1982. Il avait un garage avec Abdelaziz Abbad. Il s’est converti à l’islam très jeune, il a eu des soupçons de radicalisme. Il a choisi Abdullah comme prénom. Il est en prison depuis trois ans.

Comme prévu, la cour rejette la demande de l’homme fou d’hier qui représentait « les Français ». L’assesseur demande à Miguel Martinez de se lever : il est très grand et présente bien, il est « pas mal », il a du charisme, crâne rasé, gros sweat, des grands yeux. L’assesseur lui rappelle qu’il est accusé d’avoir acheté et fourni des armes avec Abdelaziz Abbad, il lui demande ce qu’il pense de tout ça. D’habitude les accusés répondent juste qu’ils sont innocents de tel ou tel fait en une phrase ou deux, Miguel Martinez, lui, raconte tout d’emblée : « J’attends depuis longtemps de m’expliquer. Bon je suis obligé de raconter les choses d’avant. J’avais un garage avec Abdelaziz et puis y’a eu le meurtre tout ça, du coup il a été obligé de se mettre au vert quelque temps et puis après Abdelaziz il a eu des problèmes d’argent alors il m’a dit qu’il allait recommencer un business. Moi il m’a aidé alors je l’aide aussi. Il me dit d’aller voir en Belgique Metin Karasular, un gars qui fait du deal, moi j’y vais, bon je reviens et je dis à Abdelaziz Abbad que le gars – enfin vous avez vu comment il parle Metin Karasular, ça commence il parle de shit ça finit il parle du PKK – donc moi je dis à Abdelaziz que le gars il a l’air d’être un beau parleur mais Abdelaziz il y va quand même chez Metin. Après je vais pas vous mentir, le sac d’armes je sais ce qu’il y a dedans, je l’ai repris et on l’a mis chez quelqu’un, moi c’est pas mes affaires, c’est pas mon oseille. Voilà puis les deux armes après j’ai menti en garde à vue, j’ai dit que j’étais pas allé chez Michel Catino mais si, j’étais là. » Il a tout déballé d’un coup. L’assesseur lui dit : « Bon, là vous avez des évolutions sensibles sur ce que vous avez dit en garde à vue. On va revenir sur tout ça mais d’abord je voudrais parler du rapport QER qui est l’évaluation du radicalisme. On nous dit que vous êtes correct, souriant, dans l’échange, lors des entretiens vous ne supportez pas l’étiquette de terrorisme, juste vendeur d’arme… » Miguel Martinez : « J’étais pas d’accord, je suis dans un volet armes, je suis pas dans l’affaire terrorisme. J’vais vous expliquer ma position à moi. Y’a eu l’histoire du meurtre et le jour même j’ai dit à Abdelaziz viens dormir chez moi pour le calmer de tout ça. Notre garage il commence à bien marcher et là il a besoin que je l’aide et c’est dans mon principe, j’aide ceux qui m’ont aidé, et voilà je me retrouve ici. Moi je suis allé au garage de Metin Karasular – bon, d’ailleurs on a dit que c’était un garage déchèterie, non, ça va, c’était pas si dégueulasse – et moi y’a peut-être moyen aussi que je fasse affaire pour des pneus. » Miguel Martinez ne s’est jamais caché en garde à vue d’avoir rencontré Saïd Koucahi, Charleville-Mézières est une petite ville. Il raconte : « C’est Tarek B. le beau-frère et Saïd Kouachi ils viennent au garage acheter des pneus pour Tarek. Moi à ce moment-là je les connais pas, je sais pas qui c’est, c’est en garde à vue que j’apprends que Tarek est le beau-frère de Saïd Kouachi et Kouachi bah, je l’ai reconnu avec les photos d’attentat, il avait un visage particulier. Abdelaziz était pas là, c’est sûr et certain. » Il s’exprime très bien et surtout son discours est cohérent, il ne cherche pas à cacher des choses ou se défausser, je le trouve sincère. Il poursuit : « On va pas se mentir et appeler un chat un chat, chuis un barbu, je vois à 15 000 les questions qu’on me pose sur ça, je vois où ça veut en venir. Moi en garde à vue je mens pour ça car je veux pas qu’on me foute dans ça et là je dis la vérité, je vais décevoir tout le monde, ma femme, mon beau-père qui m’a élevé, tout le monde, j’ai ma part de responsabilité mais j’ai pas touché un euro, c’était pas mon business. » Metin Karasular est mis en garde à vue puis relâché, Miguel Martinez l’apprend et décide d’aller le voir « peut-être par curiosité malsaine ». Il raconte : « Je vois Metin, il est sorti de prison, pour moi il est blanchi et le mec il est perdu, il dit on m’a foutu en prison pour le prophète. On lui a mis dans les pattes Coulibaly, je dis pas ça pour le défendre mais à ce moment-là il va super mal le gars, il est en charentaises et là j’entends Metin et Michel Catino parler en aparté et ils racontent une histoire de dattes pourries que Coulibaly il voulait tirer sur le vendeur de dattes pourries mais que Ali [Polat] a dit :  On réglera ça après ce qu’on a à faire. Moi j’ai compris que le Ali en question il savait ce que Coulibaly allait faire. Après Metin il parle ça part dans tous les sens, ça fuse, vous avez bien vu. »

L’assesseur lui pose des questions. Sur Ali Polat, Miguel Martinez l’a eu juste une fois au téléphone, il a compris que c’était un musulman pratiquant à la façon qu’il avait de dire bonjour. Il ne l’a jamais vu. Concernant le sac d’armes, il dit : « Je l’ai pas ouvert mais je savais que c’était des armes, j’entendais le bruit et je l’ai porté. » Et ça il le niait en garde à vue. Il réexplique qu’il voulait une vie sérieuse, se poser, il venait d’avoir sa petite fille « et puis vraiment jusqu’à l’année dernière dans ma tête j’étais pas impliqué, depuis très peu de temps j’ai compris. C’est dur de reconnaître ses torts. » L’assesseur aborde le sujet de la religion et Miguel Martinez est soulagé car ça lui tient à cœur. L’assesseur fait un rappel : « Vous vous convertissez en 92/93, au décès de votre papa. Inconsciemment vous dites que vous aviez voulu vous rapprocher des hommes dans les mosquées parce que vous n’aviez plus de papa… » Miguel Martinez : « Oui, puis en 2010 je sors de prison, j’ai pris conscience que je n’avais pas de futur, je me suis rapproché de ma religion. En 2012, je suis allé à la Mecque, j’ai pas aimé les Saoudiens, ils étaient hautains, j’étais déçu, j’ai jamais autant aimé la France que là-bas. Après, à mon retour je suis allé trois fois à la mosquée en djellaba, mon beau-père l’a mal pris, on s’est un peu brouillé. J’ai continué à pratiquer la religion. » L’assesseur évoque les différents livres religieux trouvés chez Miguel Martinez, il énumère des titres un peu farfelus (« 70 recommandations aux femmes ») Miguel Martinez s’explique dessus. Il y a un livre sur les dérives sectaires dans l’islam, la biographie d’un contemporain de Mahomet, etc : « Même mon beau-père qui m’a élevé, à un moment donné il a douté de moi, ça m’a fait mal. Voilà je fais 2 mètres, chuis barbu, bon ben dans un p’tit bled ça interpelle, tous les voyants s’allument, je sais, mais bon il me dit Ouais t’es sûr t’es allé à la Mecque et pas en Syrie ? Hey moi à ce moment-là je fais 135 kg j’ai autre chose à faire que des galipettes avec Al-Qaïda. Il l’a compris, on s’est réconcilié. Après le père de ma femme c’est différent… » L’assesseur l’arrête : « Oui, le père de votre femme il dit ouvertement dans sa déposition  Je suis raciste. Bon il viendra cet après-midi… pas envie de développer. » Pour une fois l’assesseur semble faire preuve de compassion avec un accusé. Mais Miguel Martinez dit qu’il n’a aucun problème à évoquer le père de sa femme. En fait celui-ci a dit aux enquêteurs que Miguel Martinez avait regardé une vidéo de décapitation de femme «  avec une pelle » et Miguel Martinez était mort de rire. Il dit que c’est faux. On reparlera de cette vidéo dans l’après-midi. C’est la fin de l’interrogatoire de Miguel Martinez.

Il est interrogé par les parties civiles sur ses livres religieux, puis un avocat lui dit en premier lieu qu’il ne doit pas s’inquiéter de la vidéo dont parle le père de sa femme. C’est très intriguant qu’un avocat partie civile dise ça, comme pour rassurer l’accusé. Il a l’air de se passer quelque chose pour Miguel Martinez à ce moment-là. Il pose une question : « J’ai conscience de la difficulté de ma question et peut-être vous ne pourrez pas répondre, je n’en tiendrai pas rigueur. Au vu de votre expérience et votre pratique religieuse, pourquoi certains vont au-delà, comme Coulibaly ou Kouachi ? » Miguel Martinez : « Je pense que c’est une affaire de compréhension et de lecture, le basculement. J’ai pas de réponse, je sais pas si c’est rattrapable quand on a une idéologie comme ça. La république pour ces gens-là c’est un concept qui existe même pas. Il faut leur répondre religion, leur montrer des preuves. Un mec perdu il rencontre un idéologue bah il est impressionné, ça prépare le terreau sans mauvais jeu de mot. » Miguel Martinez interrogé comme un expert en théologie. Une avocate partie civile montre une carte Google Maps pour démontrer que Charleroi [Metin Karasular] est à équidistance de Roubaix [Mohamed Farès] et Charleville-Mézières [Abbad et Martinez]. Elle veut savoir si Charleroi ne serait pas le point de rencontre pour des trafiquants qui viendraient de ces deux régions. Martinez dit non, il n’en sait rien, puis elle reparle du ticket de caisse du KFC et dit « KFC de Roubaix », Me Safiya Akorri avocate de Mohamed Farès [de Roubaix] crie : « On ne sait pas si c’est de Roubaix ! » l’avocate : « Moi j’ai Roubaix ! » l’avocat général : « Non, on ne sait pas, on ne peut pas savoir. » Même moi je savais que ce n’était pas Roubaix. L’avocate générale, qui n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent, dit à Miguel Martinez  que c’est étonnant qu’il se souvienne de Saïd Kouachi à son garage pour  des pneus. Martinez répond que Kouachi a un physique particulier : « Un rebeu à peau mate, yeux clairs, et une grosse bouche épatée ». Elle n’a plus rien à demander, c’est fini, Martinez s’étonne : « Vous n’avez pas de question à me poser sur ma radicalisation ? Ça fait quatre ans que j’attends, ça fait quatre ans qu’on dit que je suis radicalisé et vous ne posez pas de question ? Ça va pas ça, faut en parler. » Si l’avocate générale, à savoir l’accusation, n’a rien à demander à un accusé soi-disant radicalisé dans une affaire de terrorisme, c’est peut-être parce que y’a rien en fait. Et c’est la pause déjeuner.

Au retour, c’est à la défense d’intervenir. Me Pugliese, avocate de Miguel Martinez, lui dit : « Vous voulez parler religion, allez-y. » Et il raconte son islam : « Je suis sur une affaire de terrorisme islamiste, je suis musulman, c’est super important alors que c’est toujours resté en suspens. Mon rapport à la religion, déjà y’a la loi de la République et la religion c’est personnel et intime. Quand on est gamin c’est difficile de s’imaginer que son père est en train de pourrir dans une tombe. Je me suis rapproché de ça, bon c’est peut-être une analyse psy, à la mosquée y’avait des hommes, j’avais plus de père. On ne peut pas tuer pour défendre le prophète, on ne tue pas tout court mais pour des dessins encore moins, ça va de soi. »

Me Coutant-Peyre explique que l’histoire du sac d’armes « est à mourir de rire ! Comment vous pouvez affirmer que ça vient d’Ali Polat ? » Il lui répond qu’il n’en sait rien, il n’est pas un témoin direct, Ali Polat crie quelque chose puis Miguel Martinez crie : « Il aime bien parler, votre client, derrière la vitre, mais en face y’a plus personne ! » Une visioconférence arrive, un expert psychiatre, on dirait qu’il va annoncer le loto, il est hyper ringard. En quatre minutes chrono il dresse le portrait de Miguel Martinez qui est tout ce qu’il y a de plus normal.

Et voilà Patrick. Patrick est le père de la femme de Miguel Martinez. Patrick s’est dit « raciste » en audition chez les flics. C’est un homme bouleversé qui arrive à la barre, il pleure. Vu qu’il est « raciste » on se dit que peut-être ses pleurs viennent du fait que y’a quand même beaucoup de musulmans dans la salle, il en est entouré ! L’assesseur l’invite à prêter serment et donc lever la main droite. Patrick, dans un geste conscient ou pas, lève la main de façon à faire un salut nazi. Toute ma salle hurle de stupéfaction, même moi je crie : « CHAUD ! » Il dit qu’il ne voulait pas venir, qu’il sort de trois mois d’hôpital. Il dit « cet individu » en parlant de Miguel Martinez son gendre, il dit avoir été choqué par le couple de Miguel Martinez et sa fille, Émilie. Il dit qu’il a vu Miguel Martinez regarder une vidéo horrible, du coup il l’a dénoncé à la police. Depuis ce jour-là, sa fille ne lui parle plus. L’assesseur lui dit que sa fille ne rapporte rien d’inquiétant concernant son couple, alors qu’est ce qui n’allait pas ? D’abord, Patrick explique avoir été « très choqué » par ce couple, parce que Miguel Martinez, « cet individu », fait 2 mètres et sa fille 1m60. C’est un père, donc alarmé par la différence de taille entre son gendre et sa fille. Et puis : « Ça me gêne de le dire mais j’ai vu ma fille préparer une boulette de drogue pour lui et un jour il m’a pris en visio à la prison à Noël et il a crié Allah Akbar. » L’assesseur lui dit que c’est marrant mais en audition chez la police il ne parle pas de ça. Et puis l’assesseur remonte dans mon estime : « Qu’est-ce qui vous choque en fait dans ce couple ? Bon vous dites que vous êtes ouvert d’esprit alors est-ce que ce qui vous choque ça serait pas la barbe de Miguel Martinez ? » L’assesseur sait très bien comment l’amener là où il veut, Patrick répond : « Oui enfin, c’est un gros nounours. » L’assesseur poursuit : « Très bien. Bon vous êtes ouvert, comme vous dites, bon alors Miguel Martinez il a un tapis de prière chez lui, choquant ou pas choquant ? » Patrick répond : « Choquant. » L’assesseur : « Voilà, bon ce qui vous choque c’est peut-être pas la taille… Alors vous êtes ouvert mais vous parlez en audition de djellaba sur des cintres, choquant ou pas choquant ? » Patrick : « Choquant. » L’assesseur : « Bon, vous êtes ouvert mais là quand même vous êtes en difficulté. En audition vous dites ouvertement  Moi je suis raciste. » Patrick : « Non c’est pas ça. » L’assesseur : « C’est dit Monsieur, et vous avez signé vos propos. » Patrick : « Ma fille elle a renié sa race. Bon, dans chaque race y’a du bon… Un jour, ma fille me dit qu’elle va se marier religieusement et moi je lui dis je suis qu’en basket et jean et ma fille me dit mais c’est pas grave, Miguel il va te prêter une djellaba. Moi je vous le dis JAMAIS JE MARIE MA FILLE COMME CA JE LA MARIE A LA FRANCAISE AVEC UN COSTUME. » En vrai il dit ça mais cet homme pleure totalement, comme s’il avait eu peur d’être converti de force. Dans la salle on rigole tous. L’assesseur : « Bon après euh, voilà, c’est un festival quoi, vous vous plaignez que votre fille ne mange pas de porc et des produits hallal bon… » Il est ultra saoulé comme très rarement je l’ai vu. Il lui demande si Miguel Martinez est radicalisé et la vidéo alors cette vidéo de décapitation c’est quoi ? Patrick a vu une vidéo qu’il raconte : « Une Clio bleue, avec des hommes, ils arrivent à un building et une secrétaire sort et ils lui mettent un coup de pelle dans la tête. J’ai vu Miguel Martinez regarder ça et il riait. Moi je vous le dis, je n’ai pas pu voir ça c’est au-dessus de mes forces. » C’est un homme effaré qui parle : « Ma fille elle conteste la vidéo, moi j’étais anéanti et bouleversé. » C’est un homme anéanti et bouleversé qui parle d’une vidéo et la cour a l’air dépité. La partie civile pose une question : « Dans votre déposition vous parlez Monsieur d’une décapitation, là c’est un peu différent… » Patrick, toujours profondément effondré par la vidéo : « Elle pouvait pas en sortir indemne. » l’avocate : « C’est pas pareil. » Un autre avocat partie civile arrive, c’est celui qui a dit plus ou moins à Miguel Martinez de ne pas s’inquiéter pour la vidéo avant la pause. Cet avocat-là est partie civile, pas de la défense. Il se présente à Patrick : « Bonjour, je suis Maître X., avocat de la défense », un lapsus bien révélateur. Les gens rient mais en vrai tout le monde dans la salle défend à ce moment-là Miguel Martinez tant Patrick semble parano. Il se passe quelque chose pour Miguel Martinez. L’avocat lui demande si c’est une vidéo de djihadistes. Patrick répond que non mais en fait oui car « Seuls des djihadistes sont capables d’une telle violence. » Moi à ce moment-là je pense qu’il a vu une vidéo de Jackass sur Youtube. On va revenir à cette vidéo. La défense de Miguel Martinez parle au témoin et lui demande si en plus d’Emilie il a d’autres enfants et s’il a de bonnes relations ? Patrick répond qu’il a un fils à qui il ne parle pas non plus. Et Me Pugliese, avocate de Miguel Martinez donne le coup de grâce à Patrick : « J’ai vu la vidéo, Monsieur. Vous vous doutez que regarder des vidéos de décapitations djihadistes n’est pas mon quotidien. La vidéo, Monsieur, c’est issu d’un film… et ce film, c’est Bernie  d’Albert Dupontel. » Voilà. Patrick a vu une scène de film et accuse son gendre, en prison depuis trois ans. Maître Pugliese poursuit : « Monsieur, je ne comprends pas votre démarche. Sachez juste qu’à chaque fois que mon client Miguel Martinez a fait des demandes de mise en liberté on lui a rétorqué qu’il avait vu cette vidéo. Sachez, Monsieur, que si votre but c’était de le garder en prison, c’est réussi ! » A ce moment-là Miguel Martinez s’adresse au témoin. D’habitude le Président coupe court mais là, sûrement en raison de la situation qui serait cocasse si ce n’était pas dramatique, il laisse faire. Miguel Martinez a eu avec Emilie un deuxième enfant et Patrick l’a appris. Miguel Martinez lui demande comment il l’a su et Patrick répond : « J’ai eu un message qui disait bonjour je suis né, bon je n’ai pas retenu le prénom, et moi j’ai répondu et ben mon petit, moi j’étais entre la vie et la mort à cause de tes parents. » Patrick s’en va dans son survêtement Adidas. En vrai il n’y a jamais eu une telle unanimité dans la salle, même les parties civiles qui n’hésitent pas parfois à être malhonnêtes et c’est leur rôle, ont défendu Miguel Martinez sur ce coup-là. Miguel Martinez soupçonné de radicalisation. La preuve : il a vu une vidéo de décapitation et il était mort de rire ! C’est dramatique. Le deuxième témoin arrive, un ami de Miguel Martinez. Son témoignage ne sert à rien, il se trompe juste en confondant le pèlerinage à la Mecque et le départ en Syrie, du coup y’a quiproquo entre lui et l’assesseur.

C’est le retour de l’expert psychiatre qui HURLAIT son expertise en raison de travaux dans son bureau. Il a déjà expertisé Mohamed Farès, là il a examiné Miguel Martinez et Michel Catino et c’est très très très long. On n’apprend pas grand-chose. Miguel Martinez est simple, souriant, poli, il adore sa femme et sa fille, il fume du shit, voilà, au revoir. Michel Catino est décrit comme « très » simple, souriant, spontané, il tutoyait l’expert et après s’excusait, il est naïf et inconséquent, il a une « pauvreté du mot ». Il s’anime quand il parle de poker, de rami et de roulette. Il adore ses 4 petites filles et il dit de sa compagne qu’elle « fait des grimaces, passe devant lui et lui montre ses dents », Michel Catino décrit un vampire. Emilie, la femme de Miguel Martinez, dira à la barre que son père, Patrick, est un manipulateur, un menteur et qu’elle aussi a rigolé en voyant le film d’Albert Dupontel. Elle dira combien elle aime son mari, elle pleure. Miguel Martinez était le dernier accusé à parler avant Ali Polat. Il s’est passé quelque chose pour Miguel Martinez, il s’est joué quelque chose, ce moment où un procès bascule pour un accusé on l’a tous compris aujourd’hui. Demain nous avons des visioconférences. Lundi Ali Polat s’explique.

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