{"id":100,"date":"2020-09-08T21:02:18","date_gmt":"2020-09-08T19:02:18","guid":{"rendered":"http:\/\/chroniquer.fr\/?p=100"},"modified":"2021-02-04T15:31:02","modified_gmt":"2021-02-04T14:31:02","slug":"pas-de-blague-sinon-on-te-descend","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniquer.fr\/index.php\/2020\/09\/08\/pas-de-blague-sinon-on-te-descend\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Pas de blague, sinon on te descend\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"797\" height=\"961\" src=\"https:\/\/chroniquer.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/119074795_716038762308052_6158624509356922395_n.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-101\" srcset=\"https:\/\/chroniquer.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/119074795_716038762308052_6158624509356922395_n.jpg 797w, https:\/\/chroniquer.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/119074795_716038762308052_6158624509356922395_n-249x300.jpg 249w, https:\/\/chroniquer.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/119074795_716038762308052_6158624509356922395_n-768x926.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 797px) 100vw, 797px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Mardi 8 septembre 2020. 4<sup>\u00e8me<\/sup> audience.<\/p>\n\n\n\n<p>Retour au tribunal. La nuit a \u00e9t\u00e9 courte, je suis r\u00e9veill\u00e9e depuis 4h30 \u00e0 cause de cauchemars sur les photos montr\u00e9es hier. J\u2019arrive au tribunal \u00e0 7h30 je suis la premi\u00e8re, pas de Jip\u00e9 le retrait\u00e9. J\u2019ai le corps tendu, fatigu\u00e9 comme si \u00e7a faisait trois mois que je faisais \u00e7a. Dans la salle on apprend qu\u2019hier des gens ont r\u00e9ussi \u00e0 prendre des photos des cadavres de Charlie. D\u00e9j\u00e0 je ne comprends m\u00eame pas comment c\u2019est possible vu la surveillance. Ils se sont fait prendre et risquent d\u2019apr\u00e8s ce que j\u2019ai compris trois ans de taule.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin la d\u00e9cision quant \u00e0 la lib\u00e9ration d\u2019Ali Polat va \u00eatre rendue. On voit arriver l\u2019avocat qui nous avait promis hier de venir en burka&nbsp;; il est habill\u00e9 normalement, l\u00e9g\u00e8re d\u00e9ception. L\u2019audience commence pour \u00eatre suspendue aussit\u00f4t cinq minutes on ne sait pas pourquoi. Le Pr\u00e9sident arrive il d\u00e9bute tout un discours pour finalement conclure :&nbsp;\u00ab&nbsp;Bon ben Ali Polat, demande refus\u00e9e. \u00bb Il reste en zonzon le tonton. On passe aux t\u00e9moignages, les t\u00e9moins sont dans l\u2019ordre chronologique des faits. Lorsque les fr\u00e8res Kouachi sont all\u00e9s chez Charlie Hebdo ils se sont d\u2019abord tromp\u00e9s d\u2019adresse et sont rentr\u00e9s au 6 rue Nicolas Appert, alors que Charlie Hebdo \u00e9tait au 10. On va donc entendre les employ\u00e9s de la bo\u00eete du num\u00e9ro 6.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier t\u00e9moin est Madame G. employ\u00e9e. Elle raconte que le matin du 7 janvier 2015 \u00e0 la photocopieuse elle voit les Kouachi qui tentent de rentrer dans l\u2019immeuble. Elle bloque la porte mais c\u2019est impossible, ils rentrent et lui demandent si \u00ab&nbsp;c\u2019est Charlie&nbsp;\u00bb, l\u2019un d\u2019eux tire une balle. Madame G. on sent qu\u2019elle a besoin de parler, c\u2019est elle qui a demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre entendue. Elle d\u00e9crit comment elle a entendu la fusillade de Charlie apr\u00e8s, qu\u2019entre chaque balle il y a un laps de temps et qu\u2019elle apprendra plus tard qu\u2019en fait les fr\u00e8res Kouachi demandaient \u00e0 chaque personne leurs noms avant de tirer. Elle parle, beaucoup. Elle a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9e par sa bo\u00eete apr\u00e8s \u00e7a. On sent qu\u2019elle n\u2019arrive pas \u00e0 d\u00e9passer ce 7 janvier. Elle dit : \u00ab&nbsp;Ils nous ont tous tu\u00e9s&nbsp;\u00bb, on a l\u2019impression que c\u2019est elle qui a v\u00e9cu le pire. Son avocate lui demande son ressenti quant aux accus\u00e9s dans les box, elle r\u00e9pond : \u00ab&nbsp;Pour moi ce sont tous des terroristes. \u00bb Ali Polat s\u2019\u00e9nerve et se met \u00e0 hurler sur le t\u00e9moin : \u00ab&nbsp;Vous \u00eates qui pour dire \u00e7a, ils \u00e9taient deux les Kouachi, moi j\u2019\u00e9tais pas l\u00e0. \u00bb Ce qui est dingue c\u2019est que le Pr\u00e9sident du tribunal laisse faire. L\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral crie : \u00ab&nbsp;STOP CA SUFFIT&nbsp;\u00bb. Le Pr\u00e9sident n\u2019a aucune autorit\u00e9, cette sc\u00e8ne d\u2019\u00e9change me laisse compl\u00e8tement h\u00e9b\u00e9t\u00e9e. Me Coutant-Peyre (et avocate d\u2019Ali Polat) est sur la m\u00eame ligne que son client, enfin elle s\u2019adresse \u00e0 un t\u00e9moin \u00e0 qui on vient de dire \u00ab&nbsp;C\u2019est quoi ton ressenti meuf ?&nbsp;\u00bb. Bref elle lui dit : \u00ab&nbsp;Vous ne pouvez pas dire que ce sont des terroristes, vous n\u2019avez vu que deux personnes.&nbsp;\u00bb Madame G. reste droite dans ses bottes et persiste : \u00ab&nbsp;Pour moi ils le sont. \u00bb Me Coutant-Peyre, un peu insolente : \u00ab&nbsp;Vous avez des \u00e9l\u00e9ments ?&nbsp;\u00bb L\u2019assesseur met le hol\u00e0. Encore une fois le Pr\u00e9sident laisse faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me t\u00e9moin est Madame C. elle tremble, elle raconte la m\u00eame chose, elle se touche les mains et tremble tellement, elle me fait de la peine. Quand le terroriste cherche Charlie elle comprend tout de suite. Elle a appel\u00e9 la police : \u00ab&nbsp;Je savais ce que les terroristes allaient faire. \u00bb Elle a h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 monter dans les bureaux de Charlie Hebdo, puis elle a entendu les coups de feu. Elle pleure, elle dit que lorsqu\u2019elle entend les coups de feu elle comprend que la r\u00e9daction de Charlie est en train d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e. Elle aussi a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9e, elle parle de ses s\u00e9quelles, elle culpabilise beaucoup, elle dit : \u00ab&nbsp;J\u2019ai peur de mon ombre&nbsp;\u00bb, elle a \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9e deux ans en h\u00f4pital de jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me t\u00e9moin est Madame S.&nbsp;C\u2019est une autre soci\u00e9t\u00e9 qui venait dans la soci\u00e9t\u00e9 des deux t\u00e9moins pr\u00e9c\u00e9dents, elle avait un rendez-vous. Elle raconte aussi la m\u00eame histoire, elle a eu une kalachnikov sur la t\u00eate, elle fait des crises d\u2019angoisse, elle aussi a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9e. Monsieur T. coll\u00e8gue du t\u00e9moin pr\u00e9c\u00e9dent&nbsp;: m\u00eame histoire, il a perdu dix kilos en deux mois, il a aussi des crises d\u2019angoisse, il a aussi \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9. Un peu apr\u00e8s les attentats son chef l\u2019a convoqu\u00e9 et lui a dit : \u00ab&nbsp;Alors ? Toujours motiv\u00e9 ?&nbsp;\u00bb Monsieur W., il s\u2019excuse de ne pas trop bien parler fran\u00e7ais (en fait \u00e7a va), lui \u00e9tait dirigeant d\u2019une bo\u00eete de production situ\u00e9e dans l\u2019immeuble, il raconte quasiment la m\u00eame chose&nbsp;: les fr\u00e8res Kouachi sont rentr\u00e9s dans son bureau. Il a liquid\u00e9 sa bo\u00eete, il a eu un quadruple pontage en 2017. Un avocat vient poser une question, il a ses lunettes de soleil sur le cr\u00e2ne, tr\u00e8s tr\u00e8s chill. Suspension pendant quinze minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>On passe maintenant aux t\u00e9moignages li\u00e9s \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau, le premier tu\u00e9 des fr\u00e8res Kouachi, qui faisait de la maintenance dans l\u2019immeuble. C\u2019est son coll\u00e8gue Monsieur J\u00e9r\u00e9my G. qui t\u00e9moigne, il a mon \u00e2ge, il est vraiment beau (du moins avec le masque), on dirait Nicolas Gob. J\u00e9r\u00e9my G. va livrer un r\u00e9cit poignant. Il dit \u00ab&nbsp;Fr\u00e9do&nbsp;\u00bb quand il parle de Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau. Il raconte l\u2019intervention&nbsp;: ils \u00e9taient trois&nbsp;: \u00ab&nbsp;Y\u2019avait bah Fr\u00e9do, moi et Claude voil\u00e0&nbsp;\u00bb, ils \u00e9taient dans un petit local lorsque les fr\u00e8res Kouachi sont arriv\u00e9s. Ils ont cri\u00e9 \u00ab&nbsp;C\u2019est Charlie&nbsp;! \u00bb J\u00e9r\u00e9my G. n\u2019a rien compris, il entend un coup de feu, il parle de \u00ab&nbsp;proie&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;d\u2019instinct animal, de survie&nbsp;\u00bb, il a ce champ lexical l\u00e0. Il explique s\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 en criant \u00ab&nbsp;On est la maintenance&nbsp;\u00bb. Kouachi baisse son arme et se tire. J\u00e9r\u00e9my G. explique : \u00ab&nbsp;A ce moment-l\u00e0, y\u2019a Fr\u00e9do y\u2019mdit &nbsp;<em>J\u00e9r\u00e9m chuis touch\u00e9 appelle Catherine<\/em>&nbsp;&nbsp;\u00bb. J\u00e9r\u00e9my G. explique qu\u2019en deux secondes le sang envahit le sol, il fait des points de compression \u00e0 \u00ab&nbsp;Fr\u00e9do&nbsp;\u00bb, il n\u2019arrive pas \u00e0 d\u00e9verrouiller son t\u00e9l\u00e9phone il a les mains remplies de sang et l\u00e0 : \u00ab&nbsp;Bah et l\u00e0 je vois\u2026 CLAUDE, je l\u2019avais oubli\u00e9 ! Je lui dis <em>Claude, appelle les flics !<\/em> Et l\u00e0 Claude y fait quoi ? Il sort dans la rue \u2026 Alors que y\u2019a les Kouachi encore, il leur passe dans le dos et moi je vois les Kouachi avec une autre personne [Coco]&nbsp;\u00bb. Il explique \u00e7a tr\u00e8s bien avec une excellente description un peu genre sc\u00e9nario. Il explique aussi qu\u2019il est diab\u00e9tique et que \u00e0 un moment bah il fait une chute de glyc\u00e9mie, forc\u00e9ment il faiblit et il n\u2019arrive pas \u00e0 porter les 120 kg de son pote, il veut le d\u00e9gager de l\u00e0 o\u00f9 ils sont car il a peur que les fr\u00e8res Kouachi reviennent terminer le travail. Il dit que Fr\u00e9do lui dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai chaud, j\u2019ai froid je vais mourir. \u00bb Il dit entendre tous les coups de feu de chez Charlie, puis Fr\u00e9do lui dit : \u00ab&nbsp;Dis \u00e0 mes enfants que je les aime. \u00bb Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau vient de mourir. L\u00e0 J\u00e9r\u00e9my G. pleure. Il dit : \u00ab&nbsp;C\u2019est peut-\u00eatre b\u00eate mais moi l\u00e0 je le serre dans mes bras, fort. \u00bb En fait Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau et J\u00e9r\u00e9my G. \u00e9taient coll\u00e8gues mais tr\u00e8s amis aussi. J\u00e9r\u00e9my G. d\u00e9taille tellement bien que j\u2019ai l\u2019impression d\u2019y \u00eatre. Il dit souvent \u00ab&nbsp;Attention&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Attention j\u2019ai beaucoup d\u2019estime pour les pompiers hein. \u00bb Il explique que les pompiers arrivent, puis une femme crie \u00ab&nbsp;C\u2019est un carnage&nbsp;!&nbsp;\u00bb (en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce qu\u2019il vient de se passer \u00e0 Charlie Hebdo) du coup les pompiers laissent J\u00e9r\u00e9my G. seul avec Fr\u00e9do, son ami :&nbsp;\u00ab&nbsp; Les pompiers y\u2019m\u2019disent, <em>on peut plus rien faire pour ton pote<\/em> alors moi je prends un sac de pompier et je le vide et dedans je mets toutes les affaires de Fr\u00e9do, puis je couvre Fr\u00e9do avec son manteau et je lui ferme les yeux. \u00bb Le pr\u00e9sident le remercie pour \u00ab&nbsp;l\u2019humanit\u00e9 que vous avez amen\u00e9e, enfin, dans ce proc\u00e8s. \u00bb J\u00e9r\u00e9my G. explique qu\u2019il en a voulu aux m\u00e9dias qui ne s\u2019int\u00e9ressaient qu\u2019aux \u00ab&nbsp;victimes Charlie&nbsp;\u00bb. Il dit :&nbsp;\u00ab&nbsp;Fr\u00e9do, c\u2019est simple, c\u2019est le premier tu\u00e9, le dernier enterr\u00e9. C\u2019est pas parce qu\u2019on est de la maintenance qu\u2019on vaut moins que Charlie. \u00bb Il a la haine envers les terroristes, il est brut de d\u00e9coffrage, pas l\u00e0 pour faire de la po\u00e9sie. Il dit : \u00ab&nbsp;Attention Fr\u00e9do il a jamais fait aucune distinction entre les gens il aimait tout le monde&nbsp;\u00bb puis \u00ab&nbsp;Attention la police elle s\u2019est bien comport\u00e9e hein, c\u2019est pas simple pour eux&nbsp;\u00bb enfin, \u00ab&nbsp;Attention, je respecte Charlie et la libert\u00e9 d\u2019expression c\u2019est vachement important. \u00bb On sent le mec bien, mais vraiment \u00e7a se ressent, il ne parle QUE de son copain Fr\u00e9do tant et si bien que le Pr\u00e9sident l\u2019interrompt : \u00ab&nbsp;Mais, et vous Monsieur G. ? Comment allez-vous ?&nbsp;\u00bb Il a des insomnies&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je m\u2019en sors pas si mal, il faut relativiser quand m\u00eame, la vie elle est belle quand m\u00eame. \u00bb Il veut rendre hommage \u00e0 Fr\u00e9do&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon pote il m\u2019a fait la courte \u00e9chelle pour que je grimpe dans la bo\u00eete, il avait un c\u0153ur gros comme \u00e7a. \u00bb Il est chouette, ancr\u00e9 dans le r\u00e9el, parle des gosses de Fr\u00e9do et Catherine qu\u2019il a vus na\u00eetre. C\u2019est celui qui m\u2019a le plus \u00e9mue. C\u2019est la pause. J\u00e9r\u00e9my G. a parl\u00e9 plus d\u2019une heure c\u2019est beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>Retour d\u2019audience et on termine par le t\u00e9moignage de Madame Catherine G., la compagne de Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau depuis dix-sept ans qui n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 mais qui raconte comment elle a v\u00e9cu le 7 janvier 2015. Elle raconte que J\u00e9r\u00e9my G. lui t\u00e9l\u00e9phone : \u00ab&nbsp;On nous a tir\u00e9s dessus Fr\u00e9do est bless\u00e9. \u00bb Elle allume la t\u00e9l\u00e9 et voit que y\u2019a eu des attentats, elle ne sait rien, elle habite \u00e0 la campagne et prend le train pour aller \u00e0 Paris. Elle explique l\u2019attente sur les lieux et ce qu\u2019elle va dire est scandaleux, on ne lui dit rien, alors elle r\u00e9p\u00e8te sans cesse : \u00ab&nbsp;Moi je peux pas rester l\u00e0 \u00e0 attendre alors je me dis, il est mort je vais \u00e0 l\u2019institut m\u00e9dico-l\u00e9gal [IML]. \u00bb L\u00e0-bas \u00ab&nbsp;des gens tr\u00e8s gentils&nbsp;\u00bb lui disent qu\u2019ils ne savent rien. Elle retourne \u00e0 Charlie, on refuse de lui parler. Elle retourne \u00e0 l\u2019IML, rebelotte. Elle retourne chez Charlie, elle retourne \u00e0 l\u2019IML et retourne chez Charlie, trois fois donc, enfin trois allers-retours. Elle exige de savoir. Cinq heures apr\u00e8s son arriv\u00e9e sur les lieux on lui annonce que \u00ab&nbsp;Ah oui Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau est une victime. \u00bb Autrement dit il est mort. Elle va chez les parents de son compagnon pour leur annoncer. \u00ab&nbsp;Voil\u00e0 ma journ\u00e9e du 7. \u00bb Elle l\u00e8ve les yeux au ciel pour s\u2019emp\u00eacher de pleurer, elle a les mains dans les poches de sa veste. Elle dit que ses enfants ont eu un papa peu de temps mais un \u00ab&nbsp;papa formidable qui a fait beaucoup de choses avec eux&nbsp;\u00bb. Elle a \u00e9t\u00e9 en arr\u00eat pendant deux ans, Sodexo la bo\u00eete de Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau a \u00e9t\u00e9 super, ils lui ont trouv\u00e9 un emploi pr\u00e8s de chez elle. Comme J\u00e9r\u00e9my G. elle parle de la \u00ab&nbsp;maltraitance&nbsp;\u00bb des m\u00e9dias, elle dit que d\u00e8s le d\u00e9but on a su qui chez Charlie \u00e9tait mort et qu\u2019elle elle a su au bout de cinq heures, elle a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 le corps tr\u00e8s tard, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s compliqu\u00e9. \u00ab&nbsp;Pourquoi ?&nbsp;\u00bb demande le Pr\u00e9sident&nbsp;: \u00ab&nbsp;On n\u2019\u00e9tait pas prioritaires sur Charlie Hebdo. \u00bb Elle n\u2019a pas envie de parler d\u2019elle mais de Fr\u00e9d\u00e9ric son \u00ab&nbsp;formidable compagnon&nbsp;\u00bb, elle raconte leur rencontre dans un train, il lui a propos\u00e9 un Mars, trois semaines apr\u00e8s ils achetaient une maison. Elle raconte les f\u00eates avec les copains, la maison du bonheur, les barbecues de Fr\u00e9d\u00e9ric, m\u00eame le cochon de lait de Fr\u00e9d\u00e9ric et \u00ab&nbsp;Caramel son chat qui le suivait partout&nbsp;\u00bb. Fin du t\u00e9moignage. En vrai les deux \u00e9taient superbes et Fr\u00e9d\u00e9ric Boisseau avait l\u2019air d\u2019\u00eatre un vrai gars bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Vient le moment d\u2019entendre les t\u00e9moignages de Charlie Hebdo, d\u2019abord Corinne Rey alias Coco, dessinatrice. Cheveux mont\u00e9s en chignon haut, elle a une veste verte, un jean. Elle dessine \u00e0 Charlie Hebdo depuis 2007, un stage qui se transforme en taff, elle raconte son admiration pour les dessinateurs. Elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 en 2011 lorsqu\u2019il y a un incendie criminel mais elle ne r\u00e9alise pas trop le danger. Elle dit que fin 2014 on lui propose de reprendre la place de Riad Sattouf, elle est heureuse. Elle parle du bouclage du lundi 5 janvier. Le 7 c\u2019est la conf\u00e9rence de r\u00e9daction, elle passe \u00e0 Franprix acheter une galette, aussi car c\u2019est l\u2019anniversaire de Luz, un dessinateur. Elle parle de ce jour-l\u00e0. Elle chambre Tignous qui est en avance, Charb dessine, Cabu avait invit\u00e9 deux personnes \u00e0 assister \u00e0 la conf\u00e9rence de r\u00e9daction et il avait eu un jambon en cadeau. Elle d\u00e9crit l\u2019ordre de la table, ils parlent du livre de Houellebecq <em>Soumission<\/em>, elle raconte le d\u00e9bat entre Tignous et Bernard Maris qui parlent des jeunes qui se tirent en Syrie. La r\u00e9union arrive \u00e0 sa fin, elle part sans dire au revoir, juste elle serre l\u2019\u00e9paule de Tignous, elle doit chercher sa gamine \u00e0 la cr\u00e8che. Elle pleure. Elle va dire \u00e0 Ang\u00e9lique L. : \u00ab&nbsp;Viens on va fumer une clope en bas. \u00bb Elles y vont et dans la cage d\u2019escalier elle entend qu\u2019on l\u2019appelle : \u00ab&nbsp;COCO&nbsp;!&nbsp;\u00bb elle se retourne surprise et ce sont les fr\u00e8res Kouachi, bien s\u00fbr elle ne comprend pas. Elle pleure tellement en parlant. Ils l\u2019attrapent par le bras, ils balancent Ang\u00e9lique L. dans la cage d\u2019escalier en lui interdisant de bouger, les Kouachi disent \u00e0 Coco : \u00ab&nbsp;On veut Charlie, on veut Charb. \u00bb Ils la forcent \u00e0 monter l\u2019escalier, elle parle de sa d\u00e9tresse absolue, elle pousse une porte et se rend compte qu\u2019elle s\u2019est tromp\u00e9e d\u2019\u00e9tage, elle se dit que c\u2019est fini pour elle, que les terroristes ne vont pas la croire et vont p\u00e9ter les plombs alors elle fait le geste qu\u2019elle a fait, elle fait ce geste incroyable, elle s\u2019accroupit en plein tribunal et dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai mis mes mains sur ma t\u00eate en demandant pardon. \u00bb elle est dans le pr\u00e9sent, elle est l\u00e0 maintenant tout de suite encore le 7 janvier 2015. Les fr\u00e8res Kouachi lui disent : \u00ab&nbsp;Pas de blague sinon on te descend. \u00bb Ils continuent la mont\u00e9e des marches, elle parle de marche fun\u00e8bre, dans le dos elle sent les armes : \u00ab&nbsp;J\u2019ai avanc\u00e9 vers le code et je l\u2019ai tap\u00e9. \u00bb Les fr\u00e8res Kouachi la poussent dans les locaux et tirent sur quelqu\u2019un \u00e0 l\u2019accueil, elle se tire direct et va se cacher dans le bureau de Riss. Elle entend les bruits des tirs et lorsque toute la r\u00e9daction se l\u00e8ve : \u00ab&nbsp;Ils tirent et crient Allah akbar. \u00bb Elle entend un terroriste dire \u00e0 Sigol\u00e8ne Vinson qu\u2019il ne la tue pas car elle est une femme. Elle parle du silence, un silence de mort. Elle entend les tirs dans la rue, elle va dans la salle de r\u00e9daction pour voir qui elle peut aider, elle dit : \u00ab&nbsp;Je vois un homme \u00e0 terre, je n\u2019arrive m\u00eame pas \u00e0 reconnaitre qui c\u2019est, c\u2019est Mustapha. \u00bb Elle pleure tellement. Elle dit voir quelques coll\u00e8gues sortir de leurs cachettes. Elle parle des jambes de Cabu \u00ab&nbsp;avec des miettes partout car il bouffait du pain tout le temps&nbsp;\u00bb, elle parle du visage de Charb, elle veut aider Riss qui est bless\u00e9 mais elle a peur de faire mal, il faut aider Philippe Lan\u00e7on qui est tr\u00e8s mal au fond \u00ab&nbsp;Il n\u2019a plus de visage. \u00bb Elle t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 la m\u00e8re de Philippe Lan\u00e7on : \u00ab&nbsp;Votre fils est vivant mais d\u00e9figur\u00e9. \u00bb Elle entend Patrick Pelloux arriver qui hurle : \u00ab&nbsp;Charb, mon fr\u00e8re&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Et puis voil\u00e0\u2026&nbsp;\u00bb Et puis voil\u00e0 dans ses silences, dans ce \u00ab&nbsp;voil\u00e0&nbsp;\u00bb Coco n\u2019en dit pas plus mais tout le monde comprend. Le Pr\u00e9sident l\u2019interroge sur les menaces qui pesaient sur le journal : \u00ab&nbsp;J\u2019ai appris de mes ann\u00e9es Charlie que le d\u00e9lit de blasph\u00e8me n\u2019existait pas. Nous sommes dans notre droit alors les menaces \u00e7a veut rien dire.&nbsp;\u00bb Elle explique que les valeurs de Charlie \u00e9taient la libert\u00e9 et l\u2019expression, que Charb \u00e9tait \u00ab&nbsp;\u00e0 pisser de rire&nbsp;\u00bb. Elle \u00e9voque le num\u00e9ro d\u2019apr\u00e8s, qu\u2019elle avait besoin de s\u2019occuper l\u2019esprit, qu\u2019elle croit en la justice : \u00ab&nbsp;Ici r\u00e8gne la loi des hommes pas la loi de dieu.&nbsp;\u00bb Son avocate l\u2019interroge. Elle culpabilise \u00e9norm\u00e9ment, elle dit : \u00ab&nbsp;J\u2019en veux aux islamistes, mais aussi \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qui baisse son froc devant l\u2019islamisme&nbsp;\u00bb, quelques personnes applaudissent dans la salle, on entend \u00ab&nbsp;BRAVO&nbsp;!&nbsp;\u00bb, les flics rappellent tout le monde \u00e0 l\u2019ordre. Me Coutant-Peyre pose une question d\u00e9bile : \u00ab&nbsp;Pourquoi les terroristes en voulaient sp\u00e9cialement \u00e0 Charb ?&nbsp;\u00bb Coco lui r\u00e9pond pleine de m\u00e9pris : \u00ab&nbsp;C\u2019est le seul qui avait une protection polici\u00e8re. \u00bb Pause de quinze minutes.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le t\u00e9moignage maintenant de Ang\u00e9lique L. qui a accompagn\u00e9 Coco fumer la clope, elle vient compl\u00e9ter le t\u00e9moignage. Elle raconte la m\u00eame chose que Coco, puis : \u00ab&nbsp;Lorsque les Kouachi me disent de rester en bas je sors dans la rue. Ils sont mont\u00e9s avec Coco, je vois Luz sur le trottoir en face, je lui dis <em>Tu nous fais une blague<\/em> ?&nbsp;Luz me r\u00e9pond que des gens dans l\u2019immeuble d\u2019en face lui disent de ne pas rentrer \u00e0 Charlie, qu\u2019il se passe quelque chose. Je dis \u00e0 Luz qu\u2019ils ont pris Coco, Luz me regarde et dit : <em>C\u2019est une prise d\u2019otage<\/em>&nbsp; \u00e0 ce moment-l\u00e0 je comprends.&nbsp;\u00bb Elle parle de sa vie perso qui est un peu \u00ab&nbsp;p\u00e9t\u00e9e&nbsp;\u00bb. Me Coutant-Peyre \u00e9voque des menaces re\u00e7ues par le journal en novembre 2014, \u00ab&nbsp;Mais \u00e7a arrivait tout le temps&nbsp;\u00bb dit Ang\u00e9lique L. Elle demande si les menaces ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es, Ang\u00e9lique L. dit : \u00ab&nbsp;Oui. \u00bb Fin de son t\u00e9moignage.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le moment d\u2019entendre Sigol\u00e8ne Vinson. On l\u2019a vue hier dans la vid\u00e9o de surveillance, apeur\u00e9e. Sigol\u00e8ne quand elle arrive je fais \u00ab&nbsp;AAAAH&nbsp;\u00bb dans ma t\u00eate car depuis le d\u00e9but je vois cette nana avec des sweat Beatles et je ne sais pas qui c\u2019est. L\u00e0 elle a un sweat violet oversize tr\u00e8s chouette elle a l\u2019air&nbsp;: hyper cool. On apprend qu\u2019elle avait une chronique judiciaire dans Charlie Hebdo. Avant \u00e7a elle a \u00e9t\u00e9 avocate elle en a eu marre elle a tout quitt\u00e9 et est devenue serveuse dans un camping en Corse. Elle a v\u00e9cu 20 ans rue de Crim\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chez moi. Elle parle beaucoup et rigole aussi avec les larmes aux yeux. Elle parle bien comme un avocat, comme quelqu\u2019un qui a fait des \u00e9tudes, comme quelqu\u2019un qui a acquis une libert\u00e9 on sent qu\u2019elle est guid\u00e9e par \u00e7a, sa libert\u00e9. Elle raconte sa rencontre avec Charb et Patrick Pelloux. Le 7 janvier 2015 elle passe \u00e0 la boulangerie chercher un g\u00e2teau pour l\u2019anniversaire de Luz, elle prend \u00ab&nbsp;un marbr\u00e9 c\u2019est ni joli ni bon&nbsp;\u00bb, elle raconte Cabu et le gros jambon, Tignous qui pr\u00e9pare le caf\u00e9. Elle parle de la conf\u00e9rence de r\u00e9daction et \u00e9clate en sanglot. Elle se reprend, dit que Bernard Maris lui a conseill\u00e9 de lire un livre dont le titre est : &nbsp;<em>Robespierre, reviens&nbsp;!<\/em>&nbsp; Elle dit qu\u2019il y a un d\u00e9bat sur la France p\u00e9riph\u00e9rique, que Tignous dit comprendre les jeunes qui vont en Syrie. Elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le ton monte comme d\u2019habitude, je m\u2019\u00e9clipse faire un caf\u00e9 et quand je reviens y\u2019a Philippe Lan\u00e7on qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 partir il doit passer \u00e0 Lib\u00e9. Charb lui dit que \u00e7a serait bien que Lan\u00e7on \u00e9crive une critique de <em>Soumission<\/em>&nbsp;de Houellebecq. \u00bb Sigol\u00e8ne s\u2019arr\u00eate, elle rit, elle a ce regard enfantin de celui qui va dire une connerie. Elle continue : \u00ab&nbsp;Je m\u2019en souviendrai toujours car \u00e0 ce moment-l\u00e0 Lan\u00e7on explique qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 fait une critique du livre pour Lib\u00e9 et qu\u2019il veut pas faire une &nbsp;<em>resuc\u00e9e<\/em>&nbsp; et Charb lui dit : <em>Oh oui Philippe resuce-moi encore un peu.<\/em> \u00bb, tout le monde rigole. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que dans la salle de r\u00e9daction ils entendent les premiers coups de feu dans l\u2019entr\u00e9e. Elle dit : \u00ab&nbsp;Je comprends tout de suite, je croise le regard de Charb qui comprend aussi. \u00bb Quand elle parle elle a toujours les mains sur les hanches, elle se balance comme si elle r\u00e9citait une le\u00e7on apprise par c\u0153ur, cette histoire l\u00e0, la sienne elle a d\u00fb la raconter tellement de fois, \u00e0 d\u2019autres, ou dans sa t\u00eate et \u00e7a se sent. Elle raconte ce qu\u2019on voit sur la vid\u00e9o&nbsp;: elle se tire et se met \u00e0 terre, elle se cache, les Kouachi la trouvent, ils la sermonnent et lui disent qu\u2019elle doit lire le coran. Les Kouachi disent ne pas tuer les femmes. \u00abAlors je me dis que s\u2019ils tuent pas les femmes, c\u2019est qu\u2019ils tuent les hommes et dans mon dos j\u2019ai Jean-Luc [un coll\u00e8gue] et je ne veux pas que Kouachi quitte mon regard et comprenne que Jean-Luc est l\u00e0. Je le fais pas pour Jean-Luc, je le fais pour moi. Si Jean-Luc meurt je vais avoir sa cervelle sur moi et je m\u2019en remettrai pas. \u00bb Elle parle des yeux de Kouachi, elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai dit qu\u2019il avait les yeux doux, je m\u2019en veux tellement. \u00bb Les tueurs partent, elle voit les corps. Elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Philippe a sa joue dans sa main il me dit <em>T\u2019as vu ?<\/em>&nbsp;\u00bb. Elle parle du costume pied de poule d\u2019Honor\u00e9, elle le reconnait comme \u00e7a, elle dit : \u00ab&nbsp;Quelques instants plus t\u00f4t c\u2019est de l\u2019intelligence pure, et de l\u2019humour et faire rire, \u00eatre dr\u00f4le c\u2019est \u00eatre intelligent et tout \u00e7a, c\u2019\u00e9tait \u00e0 terre, la cervelle, par terre. \u00bb Sigol\u00e8ne Vinson parle beaucoup et bien et de mani\u00e8re tr\u00e8s crue, tr\u00e8s trash, elle n\u2019utilise pas d\u2019euph\u00e9misme ou de silence pour ne pas dire certains mots. Elle d\u00e9crit les odeurs, quelle partie du corps on voit, quels os sont sortis de telle personne, quelle personne a le visage \u00ab&nbsp;fondu dans le sol&nbsp;\u00bb quel bout de chair manque \u00e0 telle personne. Elle en a le droit bien s\u00fbr, il n\u2019y a aucun jugement de ma part mais c\u2019est pour moi parfois \u00e0 la limite du soutenable, je ne peux pas retranscrire ce qu\u2019elle dit. Elle rectifie : \u00ab&nbsp;Au fait j\u2019ai entendu dire qu\u2019on avait demand\u00e9 les noms des gens avant de les tuer, c\u2019est faux. \u00bb Le Pr\u00e9sident l\u2019interroge, il veut savoir pourquoi les corps de Honor\u00e9, Cabu, Elsa Cayat et Bernard Maris sont ensemble. Sigol\u00e8ne Vinson ne peut qu\u2019\u00e9mettre des hypoth\u00e8ses. Le Pr\u00e9sident \u00e9voque la vie de Sigol\u00e8ne&nbsp;: elle a v\u00e9cu \u00e0 Djibouti, elle aime cet endroit. En 1987 son p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019un attentat : \u00ab&nbsp;Alors je savais que \u00e7a n\u2019arrivait pas qu\u2019aux autres, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e avec l\u2019id\u00e9e que si une bombe explose, ne t\u2019approche pas pour aider les gens car une seconde va exploser. \u00bb Elle dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre que j\u2019\u00e9tais mieux pr\u00e9par\u00e9e.&nbsp;\u00bb. Elle parle de son retour \u00e0 Djibouti fin 2018, qu\u2019un jour elle passe une journ\u00e9e g\u00e9niale, elle retourne chez sa pote qui lui dit \u00ab&nbsp;Peter Cherif a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9.&nbsp;\u00bb [NDLR: Peter Cherif est le grand absent de ce proc\u00e8s il aurait eu un r\u00f4le dans les attentats, peut \u00eatre en tant que commanditaire, il sera interrog\u00e9 par visioconf\u00e9rence le 24 septembre, il sera jug\u00e9 plus tard, lorsqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le dossier du proc\u00e8s \u00e9tait clos ] Sigol\u00e8ne dit : \u00ab&nbsp;Ok je m\u2019en fous qu\u2019il soit arr\u00eat\u00e9 mais ma pote continue&nbsp;: <em>Il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 ici, \u00e0 Djibouti, il y a 30 minutes<\/em> \u00bb, elle dit \u00e7a nerveusement. \u00ab&nbsp;Et vous savez quoi ? Je dis \u00e0 mon amie&nbsp;:&nbsp; <em>Tu imagines on va pas prendre le m\u00eame avion quand m\u00eame lui et<\/em> <em>moi<\/em>, et bah on a pris le m\u00eame avion.&nbsp;\u00bb Puis le Pr\u00e9sident \u00e9voque un ami de Sigol\u00e8ne Vinson mort dans les attentats du Bataclan. On passe aux questions des avocats, c\u2019en est trop pour moi, les questions seront nulles je le sais, je me tire, je ne supporte plus rien, plus un seul mot.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mardi 8 septembre 2020. 4\u00e8me audience. Retour au tribunal. 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